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jeudi, mai 21, 2026
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À Tizi-Ouzou, une kechabia du colonel Amirouche confiée au musée du moudjahid

Une kechabia ayant appartenu au colonel Amirouche Aït Hamouda a été remise lundi à son fils, Noureddine Aït Hamouda, lors d’une cérémonie organisée au musée du Moudjahid de Tizi-Ouzou. Ce vêtement, conservé pendant plusieurs décennies par le moudjahid Slimane Laïchour, sera désormais exposé au musée.

Compagnon d’armes du colonel Amirouche durant la guerre de Libération, Slimane Laïchour, aujourd’hui âgé de 91 ans, a expliqué avoir gardé cette kechabia depuis 1958. Devant les caméras de Berbère Télévision, il a déclaré : « Je l’ai gardée depuis 1958, ça fait 68 ans… Si elle pouvait parler… Elle a traversé des sentiers escarpés, des rivières en crue, des forêts et des cimes enneigées… Tout un symbole. Voilà, je la remets à Nourredine ». Il a également ajouté : « C’est un grand plaisir pour moi, elle trouve désormais sa place ».

Dans plusieurs photographies connues du colonel Amirouche, surnommé le « Lion de la Soummam » par l’armée coloniale française, celui-ci apparaît portant cette kechabia à rayures devenue emblématique. Selon des témoignages rapportés au cours de la cérémonie, le vêtement aurait été confié par le colonel Amirouche à Slimane Laïchour durant une nuit de l’année 1958 afin de le protéger du froid et de la pluie dans le maquis.

La famille de Slimane Laïchour aurait ensuite caché la kechabia sous les tuiles du toit de leur maison pour éviter qu’elle ne soit découverte lors des fouilles menées par l’armée coloniale.

Né le 23 décembre 1935 à Aït Mahmoud, près d’Ath Douala, en Kabylie, Slimane Laïchour a participé à la guerre de Libération aux côtés de plusieurs responsables de la Révolution, dont Krim Belkacem et le colonel Amirouche. Il est également connu pour ses témoignages sur plusieurs épisodes de cette période, notamment le Congrès de la Soummam et la « Bleuite ».

Lors de la remise de cet habit ayant appartenu à son père, Noureddine Aït Hamouda, âgé de 76 ans, est apparu très ému. En larmes, il a longuement embrassé la kachabia de son père, tombé au combat le 28 mars 1959 près de Boussaâda. Conservé en bon état malgré les années, ce vêtement constitue aujourd’hui un témoignage de la vie des combattants dans le maquis durant la guerre de Libération nationale.