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vendredi, mai 22, 2026
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Un site pour retrouver les disparus algériens pendant la guerre d’Algérie

Ouverture des archives sur les disparus de la guerre d’Algérie : l’armée française frileuse

Un site « 1 000 autres », pour recenser les algériens disparus en 1957 pendant la guerre d’Alger, a été mis en ligne à l’initiative d’un enseignant d’histoire et membre de l’association Histoire coloniale et postcoloniale, Fabrice Riceputi. Il s’agit à la base de documents découverts en 2017 par ce dernier aux Archives nationales d’outre-mer à Aix-en-Provence, dans le sud de la France.

1 012 fiches d’Algériens

Animé par les historiens du collectif Histoire coloniale et postcoloniale et l’Association Maurice Audin, ce site dédié à la recherche des disparus de cette période coloniale, opérationnel depuis le 15 septembre, permet ainsi de consulter environ un millier de fiches d’algériens disparues à Alger, cette année-là qui comportent le nom, le prénom, la profession, la date et le lieu d’arrestation.

L’on trouve d’ailleurs des noms de militants et figures emblématiques de la guerre d’Alger tels que : Ali Boumendjel , Djamila Bouhired, Henri Alleg, Maurice Audin….et d’autres.

Consultable sur l’adresse électronique, http://1000autres.org , depuis sa mise en ligne, les animateurs du site ont « reçu une dizaine de réactions de personnes ayant retrouvé un proche parmi leurs fiches », souligne, Fabrice Riceputi, dans un entretien au media Jeune Afrique, précisant que ce projet « peut aider à reconstituer l’Histoire ».

« Nous disposons d’environ 1 012 fiches, dont quelque 850 proviennent des cartons trouvés à Aix-en-Provence. Certaines concernent d’ailleurs des personnalités de premier plan de la lutte indépendantiste, comme celle de Djamila Bouhired. Toutes proviennent d’Alger et portent sur une période allant de mars à octobre 1957(…). Celle de Maurice Audin, par exemple, précise : « en cas de découverte, prévenir son épouse… », a t-il expliqué. Il s’agit en effet, de « documents provenant de la préfecture d’Alger, plus précisément du Service des liaisons nord-africaines. En clair, c’était un outil de surveillance politique des Algériens », note Fabrice Riceputi.

Selon lui, ces fiches de disparus, servait à l’époque « à répondre aux nombreuses personnes se manifestant pour dire qu’un de leur proche avait disparu. Dans plus de 70% des cas environ, les demandes de proches de personnes disparues restaient sans réponse. On trouve des cas dans lesquels l’armée a répondu que l’individu avait été libéré, alors que la presse annonçait dans le même temps son exécution… », ajoute Fabrice Riceputi.