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jeudi, mai 21, 2026
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ANBT : le taux de remplissage des barrages est de 59,55 %

Les barrages algériens enregistrent une amélioration de leur niveau de remplissage à la faveur des précipitations tombées ces derniers mois. Le directeur général de l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT), Abdelatif Azira, a indiqué jeudi que les réserves hydriques devraient encore augmenter dans les prochaines semaines.

Intervenant dans l’émission « L’Invité du jour » sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, il a précisé que le taux de remplissage des barrages est actuellement de « 59,55 %, ce qui représente un volume stocké de 4,6 milliards de mètres cubes ». Il a ajouté que ce niveau pourrait progresser davantage grâce aux nouveaux apports en eau.

Selon le responsable, plusieurs barrages ont déjà atteint leur capacité maximale (100%). « Nous avons pratiquement une vingtaine de barrages totalement remplis, notamment Beni Haroun avec un volume dépassant les 860 millions de mètres cubes, ainsi que les barrages de Tichy-Haf à Béjaïa, Bouhanifia à Mascara, ou encore ceux de Relizane et Tiaret », a-t-il précisé.

D’autres infrastructures affichent toutefois des niveaux plus faibles. Seize barrages, localisés notamment dans les wilayas de Batna, Bordj Bou Arréridj et Tlemcen, présentent des taux de remplissage inférieurs à 30 %. Malgré cette situation, le DG de l’ANBT a assuré que l’alimentation en eau sera maintenue dans toutes les régions grâce au système d’interconnexion entre les barrages mis en place par le secteur de l’hydraulique.

Le responsable a rappelé que l’Algérie dispose actuellement de 82 barrages en exploitation. Il a également annoncé l’avancement de cinq nouveaux projets de barrages. « À ce propos, je vous informe que nous avons procédé à la mise en eau du barrage d’Oued Lazreg, dans la wilaya de Khenchela », a-t-il déclaré. En parallèle, l’ANBT mène 28 études d’avant-projet détaillé pour la réalisation de nouveaux barrages dans différentes régions du pays.

Transformer la vase en ressource économique

Lors de cette intervention, Abdelatif Azira a aussi évoqué la question de l’envasement des barrages, un phénomène qui réduit progressivement les capacités de stockage des retenues d’eau. L’agence cherche désormais à exploiter les sédiments retirés des barrages dans plusieurs activités industrielles.

Des opérations de reboisement sont déjà engagées pour limiter l’accumulation de vase, mais l’ANBT compte également récupérer ces matériaux afin de les utiliser dans les cimenteries, les briqueteries et, à terme, dans l’agriculture. « Nous en sommes à notre quatrième campagne de dévasement, et cette fois-ci, nous allons extraire 10 millions de mètres cubes de vase. Cette quantité sera systématiquement récupérée et stockée », a expliqué le responsable.

Les travaux réalisés avec des universités et des industriels ont montré que cette vase pourrait remplacer certaines matières premières utilisées dans la fabrication du ciment et des briques. « L’étude réalisée conjointement avec le groupe des cimenteries et les universités met en évidence plusieurs avantages liés à l’utilisation de la vase. D’abord, cela permet de réduire l’extraction d’argile issue des gisements naturels, ce qui contribue à la protection de l’environnement. Ensuite, nous avons constaté que son intégration dans le processus de fabrication du ciment permet de réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de carbone, ce qui est énorme », a indiqué le DG de l’ANBT.

Le responsable a estimé que les barrages ne doivent plus être considérés uniquement comme des ouvrages destinés au stockage de l’eau. Il souhaite en faire « des entités économiques à part entière », capables de contribuer au développement économique, éducatif et social.

Arezki Nait Benali