Les travaux de la 12e édition du Forum africain de l’investissement et du commerce (AFIC) se sont ouverts samedi 9 mai à Alger avec plusieurs interventions axées sur l’intégration économique africaine, la coopération régionale et le développement des échanges commerciaux entre les pays du continent.
Organisée par le Centre arabo-africain d’investissement et de développement en partenariat avec l’Union africaine, Afreximbank et le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), cette rencontre réunit plusieurs responsables africains, ministres, représentants d’institutions économiques et opérateurs du secteur privé.
Parmi les personnalités présentes figurent le ministre de l’Economie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, le ministre de la Jeunesse chargé du Conseil supérieur de la jeunesse, Mustapha Hidaoui, ainsi que l’ancien président nigérien Mahamadou Issoufou.
Lors de son intervention, M. Ouadah a insisté sur l’importance des projets d’infrastructures lancés par l’Algérie pour améliorer la connectivité entre les pays africains. Il a également évoqué la nécessité pour l’Afrique d’atteindre une « souveraineté technologique », notamment à travers l’investissement dans les compétences liées à l’intelligence artificielle et l’accompagnement des start-up.
De son côté, M. Hidaoui a estimé que l’accompagnement des jeunes innovateurs peut contribuer à créer davantage de valeur ajoutée pour les économies africaines et à renforcer l’intégration du continent.
L’ancien président nigérien Mahamadou Issoufou a, pour sa part, salué le rôle joué par l’Algérie dans plusieurs projets régionaux. Il a déclaré que le pays est le « principal acteur » dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Selon lui, l’Algérie demeure aussi le « principal moteur » du corridor économique transsaharien.
Il a notamment cité les projets de route transsaharienne, de gazoduc transsaharien (TSGP) et de dorsale transsaharienne à fibre optique, considérés comme des infrastructures importantes pour les échanges commerciaux « reliant les côtes méditerranéennes au cœur du continent et au golfe de Guinée ».
Le président du CAAID, Amine Boutalbi, a indiqué que l’Afrique dispose d’importantes possibilités de croissance économique et d’investissement. Il a estimé que le continent possède des opportunités évaluées à plus de 560 milliards de dollars.
Selon lui, l’Algérie peut jouer un rôle de porte d’entrée vers l’Afrique grâce à sa position géographique, ses infrastructures logistiques et sa stratégie économique. Il a également plaidé pour davantage d’intégration régionale, de stabilité et d’investissement dans la formation.
Le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, a évoqué l’évolution des mécanismes de cette zone de libre-échange et a salué l’organisation en Algérie de la prochaine édition de la Foire commerciale intra-africaine.
La commissaire de l’Union africaine chargée du développement économique, Francisca Tatchouop Belobe, a estimé que le niveau actuel du commerce intra-africain reste inférieur aux capacités réelles du continent. Elle a souligné la nécessité de relever les défis qui freinent encore la mise en œuvre de la ZLECAf, rappelant que cette initiative pourrait permettre de sortir des millions de personnes de l’extrême pauvreté.
Dans une allocution vidéo, l’ancien président d’Afreximbank, Benedict Oramah, a qualifié l’expérience algérienne de « modèle de résilience économique et de gouvernance ». Il a ajouté que le pays a développé des infrastructures qui renforcent sa position dans les échanges commerciaux africains.
L’ambassadeur de Chine en Algérie, Dong Guangli, a annoncé que Pékin appliquera dès ce mois de mai un régime « zéro tarif douanier » au profit de 53 pays africains. Il a indiqué que cette décision pourrait ouvrir de nouvelles perspectives aux produits algériens sur le marché chinois.
L’AAPI met en avant les partenariats africains
Le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, a affirmé que l’Algérie renforce actuellement sa coopération économique avec plusieurs pays africains à travers différents accords et projets de partenariat.

Il a cité des accords conclus avec le Tchad, le Zimbabwe, le Rwanda et le Niger, ainsi que l’organisation d’expositions économiques permanentes en Mauritanie et au Sénégal. Il a également évoqué l’ouverture d’agences bancaires algériennes dans plusieurs villes africaines afin de soutenir les échanges commerciaux.
Selon lui, les opérateurs économiques présents au forum doivent « saisir l’opportunité de leur présence à ce Forum pour renforcer les contacts directs avec les opérateurs économiques algériens, explorer les possibilités de partenariat et conclure des contrats commerciaux et d’investissement, pour que cette rencontre débouche sur des projets et des partenariats concrets ».
M. Rekkache a également rappelé que la ZLECAf constitue « un levier stratégique essentiel dans le processus d’intégration africaine ». Il a insisté sur l’importance du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), destiné à faciliter les transactions en monnaies locales entre les pays africains.
Des discussions autour des PME et de l’entrepreneuriat féminin
Les travaux du forum ont aussi porté sur les moyens de soutenir les start-up et les petites et moyennes entreprises afin de stimuler la croissance économique sur le continent.
La représentante de l’Union africaine, Ron Osman Omar, a insisté sur la nécessité de mieux valoriser les ressources africaines localement afin de réduire les exportations de matières premières brutes et de créer davantage d’emplois.
La présidente du Conseil économique africain, Amany Asfour, a estimé que les efforts engagés ces dernières années ont permis d’améliorer la coordination entre les pays africains malgré les difficultés qui persistent.
Le représentant de la Direction générale des Douanes, Mourad Ami, a pour sa part souligné que la ZLECAf commence à produire des résultats, tout en estimant qu’il faudra davantage de temps pour mesurer pleinement ses effets économiques.
Une partie des échanges a enfin été consacrée à l’entrepreneuriat féminin. Les participants ont évoqué les obstacles rencontrés par les femmes dans le monde des affaires en Afrique et la nécessité de mettre en place des mécanismes juridiques et financiers favorisant leur autonomisation économique.
Arezki Nait Benali








