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jeudi, mai 21, 2026
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La BAD souligne la stabilité de l’économie algérienne et ses perspectives

La Banque africaine de développement (BAD) porte une appréciation favorable sur l’économie algérienne dans son dernier rapport, où elle la classe parmi les économies les plus stables du continent.

Dans ce document intitulé « Performances et perspectives macroéconomiques de l’Afrique-2026 », l’institution souligne que la croissance en Afrique a atteint 4,2% en 2025, contre 3,5% l’année précédente, malgré un environnement international peu favorable. Elle anticipe une poursuite de cette dynamique, avec des taux de 4,3% en 2026 et 4,5% en 2027.

Selon la BAD, l’année 2025 a également été marquée par un ralentissement de l’inflation, ainsi que par une reprise des investissements étrangers et des transferts de fonds.

Au niveau continental, 22 pays ont enregistré une croissance supérieure à 5%. L’Algérie, avec un taux de 3,3% en 2025, reste en dessous de ce seuil, mais figure parmi les économies jugées solides, avec des perspectives jugées favorables.

Pour 2026, la BAD prévoit une progression de 3,9% du PIB algérien, avant une légère hausse à 4% en 2027. Cette évolution serait notamment soutenue par la dépense publique, les investissements dans le secteur des hydrocarbures et la consommation des ménages.

« En Algérie, les investissements pour moderniser et accroître la production dans les champs de gaz, les dépenses publiques importantes pour améliorer l’infrastructure sociale et l’augmentation des dépenses de consommation des ménages devraient stimuler l’activité économique, d’un taux estimé à 3,3% en 2025 à une projection de 3,9% en 2026 », écrit la BAD dans son rapport.

L’institution prévoit aussi une inflation moyenne de 2,8% sur la période 2026-2027, en baisse par rapport aux années précédentes.

Le rapport met en avant un autre indicateur : le niveau des réserves de change. L’Algérie se distingue dans ce domaine, avec un niveau supérieur à celui de nombreux pays africains et de la région nord-africaine.

« L’Afrique du Nord est restée la région avec les réserves les plus élevées en 2025, avec 7,3 mois d’importations, malgré une baisse de 8,2% par rapport à 2024, principalement grâce à la solide position de réserve de l’Algérie qui détient 15,8 mois d’importations », lit-on dans le rapport de la Banque africaine de développement.

Malgré ces indicateurs, certains déséquilibres persistent. La BAD prévoit un déficit du compte courant de -2,9% du PIB en moyenne pour les années 2026 et 2027.

Le déficit budgétaire reste également élevé, estimé à 14,4% en 2025. Il pourrait atteindre 14,5% en 2026, avant de reculer à 14,0% en 2027. La banque attire l’attention sur les conséquences possibles de ces niveaux, notamment en matière d’endettement.

Dans son analyse, la BAD souligne que la croissance africaine demeure « exposée à de sérieux risques de détérioration ». Elle évoque notamment le poids de la dette, les tensions géopolitiques, les effets du changement climatique et l’instabilité financière mondiale, qui pourraient « compromettre les gains récents ».

Le rapport insiste aussi sur le service de la dette qui continue de « restreindre la marge de manœuvre politique », ainsi que sur une inflation qui, malgré son recul, « continue d’éroder le pouvoir d’achat de millions de ménages ».

L’institution mentionne les tensions commerciales et la fragmentation des échanges comme facteurs de risque pour les exportations, les investissements et la stabilité économique régionale.

Pour soutenir la croissance, la BAD recommande aux pays africains de renforcer leurs marchés financiers, d’accélérer la numérisation des systèmes fiscaux et d’améliorer la mobilisation des ressources internes.