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jeudi, mai 21, 2026
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Commerce : « 618 marchés mal exploités ou inexploités au niveau national »

Le ministère du Commerce se félicite de l’organisation mise en place pour le mois de Ramadhan. Selon Abdallah Benhalla, directeur des études et de la prospection au ministère, les préparatifs ont été anticipés afin d’assurer un approvisionnement régulier du marché et de stabiliser les prix.

Lors de son passage à la radio Chaîne 3 ce lundi 3 mars, il a toutefois souligné que le principal défi reste « la distribution » et « le comportement des citoyens » qui privilégient les achats dans le circuit informel, contribuant ainsi à son expansion.

Malgré les mesures adoptées, telles que « les marchés de proximité spéciaux mis en place, les importations d’appoint et les ventes promotionnelles assurées occasionnellement », il estime que ces dispositifs ne suffisent pas à eux seuls. Il rappelle que « le changement du comportement des citoyens » pendant le mois sacré peut engendrer des perturbations dans l’approvisionnement de certains produits.

Face à cette situation, le ministère du Commerce a pris « très tôt » des dispositions en collaboration avec les acteurs de la chaîne de production, d’importation et de distribution. L’objectif est de garantir la disponibilité des produits alimentaires durant tout le mois de Ramadhan.

« Producteurs, importateurs et agriculteurs sont tous mobilisés, à l’instar de l’expérience de l’année passée, pour assurer une disponibilité de tous les produits de consommation avec des prix stables », affirme Abdallah Benhalla. Il salue également la participation de l’Union générale des commerçants algériens, des associations de protection du consommateur et du CREA.

Un suivi renforcé pour l’approvisionnement

Dès le mois de janvier, plusieurs réunions ont été organisées avec les producteurs d’huile et de sucre afin d’augmenter la production. Des inspections ont également été menées pour évaluer les capacités réelles de production.

Les importateurs de viandes et de café ont été consultés pour garantir l’engagement de leurs stocks, tandis que des discussions ont eu lieu avec les minoteries et les gestionnaires des marchés de gros. Un travail a également été mené avec les associations de protection des consommateurs et les organisations commerciales, dont le CREA, qui a contribué à la mise en place d’une réduction des prix sur une centaine de produits.

Dans la continuité des efforts de l’année précédente, des cellules locales de surveillance ont été reconduites au niveau des wilayas afin de suivre l’évolution du marché en termes d’approvisionnement et de prix.

« Il y a 618 marchés mal exploités ou inexploités au niveau national »

Un autre facteur influençant la stabilité du marché est la gestion des infrastructures commerciales. « Il y a 618 marchés mal exploités ou inexploités au niveau national », indique Abdallah Benhalla. Il explique que certains commerçants refusent d’y exercer en raison des marges bénéficiaires administrées qu’ils jugent insuffisantes. « Ils préfèrent exercer dans l’informel, encouragés par le comportement du consommateur malheureusement », regrette-t-il.

Pour améliorer la situation, il estime qu’il est nécessaire de « revoir les outils de leur exploitation » et de mettre en place des mécanismes plus efficaces pour réguler le marché. Il mentionne notamment un projet d’ouverture de nouveaux marchés de gros dans différentes régions du pays, qui devrait contribuer à stabiliser l’ensemble du marché.

La société publique Magro, chargée de construire et gérer ces infrastructures, joue un rôle central dans cette stratégie. « Il y a le projet d’élargissement de l’activité de cette entreprise et le renforcement de son rôle d’approvisionnement et de régulation du marché », précise Abdallah Benhalla.

« Les statuts de Magro sont révisés de manière à lui permettre de procéder à des opérations d’importation ou de revendre les marchandises importées et pas seulement gérer les infrastructures du marché national ». Cette entreprise sera dotée d’une plateforme logistique pour faciliter le transit des marchandises vers différentes régions du pays, y compris le Grand Sud, afin de réduire les coûts et stabiliser les prix.