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jeudi, mai 21, 2026
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Yacine Oualid : La production locale d’intrants agricoles au cœur des priorités du secteur

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a affirmé lundi à Alger que son département a placé la production locale d’intrants agricoles au coeur de ses priorités. L’objectif affiché est de renforcer la sécurité alimentaire du pays à travers une réduction de la dépendance extérieure.

S’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture de la 24e édition du Salon international de l’agriculture, de l’élevage et des industries agroalimentaires (SIPSA-FILAHA & AGROFOOD 2026), organisée avec la participation de son homologue égyptien, le ministre a souligné que « le taux d’intégration constitue l’un des principaux défis auxquels fait face l’agriculture algérienne », en insistant sur la nécessité de produire davantage d’intrants localement.

Le secteur agricole vise plusieurs objectifs dans sa nouvelle stratégie, notamment la production locale d’aliments pour bétail et de semences, y compris les semences hybrides. Il est également question de renforcer la disponibilité des ressources génétiques au niveau national, avec des actions engagées pour récupérer certaines races locales à bon rendement. Le ministre a précisé que ces travaux sont menés de manière « scientifique et rigoureuse » et demandent « le recours à la recherche et au savoir », en coordination avec le secteur de l’enseignement supérieur.

Sur le plan des exportations, le ministre a indiqué que des efforts ont été réalisés, tout en estimant que de meilleurs résultats restent possibles si les filières améliorent leur compétitivité, la qualité des produits et leur transformation. Il a expliqué que l’orientation vers l’industrie manufacturière permet d’augmenter la valeur ajoutée et les capacités d’exportation, ce qui a conduit à des réformes au sein du groupe public AGRODIV, avec le développement de l’agriculture contractuelle.

Selon lui, l’agriculture contractuelle permettrait à l’agriculteur d’être moins exposé aux variations du marché. Il pourrait ainsi se concentrer sur la production, sans intervenir dans les étapes de distribution, de commercialisation ou de transformation.

Le ministre a également évoqué les réformes en cours concernant les conditions d’exercice du métier d’agriculteur, notamment la protection sociale, les aspects fiscaux et la définition juridique du statut d’agriculteur. Il a précisé que les textes ont été modifiés pour que la reconnaissance de ce statut soit liée à l’activité agricole elle-même et non à la terre, ce qui facilite l’accès aux dispositifs de soutien public.

Dans le même cadre, il a mis en avant les opportunités d’investissement dans le Grand Sud, en évoquant « le grand bond » réalisé dans le domaine de l’agriculture saharienne, avec une hausse de 40% des superficies cultivées lors de la dernière saison.

De son côté, le ministre égyptien de l’Agriculture et de la Mise en valeur des terres, Alaa Eddine Farouk, a estimé que l’agriculture et l’élevage représentent un secteur important pour renforcer la coopération entre Algérie et Égypte. Il a également souligné l’intérêt de développer l’intégration agricole arabe et africaine face aux défis liés au climat et au contexte international.

Le responsable égyptien a exprimé la volonté de son pays de renforcer la coopération avec l’Algérie dans plusieurs domaines, comme l’amélioration des races animales, les systèmes d’irrigation modernes, la recherche et les technologies agricoles.

Le salon enregistre la participation de 850 exposants, algériens et étrangers, issus de 40 pays, dont l’Égypte, le Niger et la Mauritanie, invités d’honneur de cette édition.

Placée sous le slogan « Moderniser l’agriculture, renforcer la souveraineté alimentaire et anticiper l’avenir », cette édition devrait accueillir plus de 40.000 visiteurs selon les organisateurs.