Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a procédé à l’installation du Conseil national de la mécanisation agricole, conformément aux instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Cette instance s’inscrit dans la politique engagée pour accompagner la modernisation du secteur agricole et renforcer ses capacités de production, notamment à travers la mise à disposition d’équipements agricoles au profit des exploitations, selon un communiqué des services du Premier ministre publié dimanche.
Installé samedi 24 janvier, le Conseil regroupe des représentants des secteurs concernés, des associations professionnelles d’agriculteurs ainsi que des opérateurs économiques locaux spécialisés dans la production de matériel agricole.
À cette occasion, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de doter cette structure d’un cadre opérationnel clair, en lui demandant d’élaborer un plan d’action visant « le recensement complet des besoins des agriculteurs en matériel agricole, en tenant compte des spécificités de chaque filière agricole et en veillant à identifier les besoins prioritaires liés aux saisons agricoles 2025-2026 et 2026-2027 afin d’en garantir la réussite ».
Ce plan devra également intégrer « les mesures nécessaires au renforcement et à la diversification de la production locale de matériel agricole afin de répondre aux besoins exprimés, conformément aux normes d’utilisation en vigueur et selon les spécificités de chaque région agricole », a précisé le Premier ministre.
Le communiqué souligne aussi que le Conseil national de la mécanisation agricole sera chargé de prendre en compte « les préoccupations soulevées en matière de renforcement des capacités nationales de maintenance du matériel agricole et de disponibilité des pièces de rechange, à travers la mise en place et le développement d’un réseau national de maintenance du matériel agricole, garantissant l’efficacité dans l’utilisation du parc national de matériel agricole ».
Des réunions périodiques sont prévues afin « d’évaluer l’état de mise en œuvre du plan d’action et assurer une prise en charge efficace et rapide des besoins identifiés dans le domaine de la mécanisation agricole », ajoute la même source.
Pour rappel, le président de la République avait présidé, le 19 janvier, une réunion de travail consacrée à la mécanisation agricole, au terme de laquelle il avait décidé la création d’un conseil national dédié à ce domaine. Il avait également annoncé la mise en place de coopératives spécialisées dans la location de matériel agricole, destinées à soutenir les agriculteurs, élargir les superficies cultivées et améliorer le rendement national.
S’exprimant lors d’une Journée d’étude organisée par l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) sur l’intégration de la recherche scientifique dans le développement des filières céréalières et des légumineuses, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a indiqué que les décisions présidentielles « permettront au secteur agricole d’accroître considérablement la productivité, notamment dans la filière céréalière, grâce aux technologies modernes et aux différents engins agricoles comme les tracteurs et les moissonneuses qui seront mis à la disposition des agriculteurs ».
Selon le ministre, ces mesures auront un « impact considérable », car la mécanisation est directement liée au rendement, et elles « témoignent de l’intérêt majeur que porte l’Etat à ce dossier ». Il a rappelé que des pertes de production, estimées entre 10 et 20 % à chaque saison de récolte, sont enregistrées en raison de l’utilisation de techniques inadaptées et de matériels non conformes.
Le ministère considère que la modernisation du secteur agricole est un levier central pour améliorer la productivité et répondre aux exigences de la sécurité alimentaire. À ce titre, le ministre a indiqué que la consommation nationale de céréales impose le recours à des méthodes modernes, afin de maintenir les niveaux de production et de faire évoluer le rendement des terres de 15 quintaux à l’hectare actuellement à 30 quintaux à l’hectare.
M. Oualid a également mis en avant le rôle « clé » des semences de qualité dans l’atteinte des objectifs fixés. Des semences résistantes à la sécheresse devraient être introduites et distribuées selon les conditions climatiques propres à chaque région, parallèlement à une révision des mécanismes de subvention.
Enfin, le ministre a rappelé l’importance de diversifier les sources de financement du secteur agricole. Bien qu’il contribue à près de 15 % du produit intérieur brut, ce secteur ne bénéficie que de 3,4 % des crédits bancaires, ce qui renforce la nécessité d’un appui financier accru, notamment pour accompagner la mécanisation.









