Les autorités ont découvert un réseau de fraude au droit de change visant à détourner l’allocation touristique de 750 euros. Neuf (9) personnes ont été arrêtées à Souk Ahras, près de la frontière algéro-tunisienne, alors qu’elles tentaient de franchir illégalement la frontière après avoir déjà perçu cette allocation.
Selon un communiqué du parquet près le tribunal de Souk Ahras, « les gardes-frontières ont intercepté un premier groupe de quatre personnes qui tentait de revenir clandestinement sur le territoire national, en dehors des postes officiels. Leur objectif est d’échapper à la condition réglementaire imposant un séjour minimal de sept jours à l’étranger pour bénéficier légalement de l’allocation touristique. La manœuvre visait à toucher la prime en devises sans respecter cette obligation, puis à regagner discrètement l’Algérie pour revendre les euros sur le marché parallèle ».
Un deuxième groupe de cinq suspects a été appréhendé dans des circonstances similaires. Selon le parquet, ces individus « avaient quitté le pays de manière régulière avant de revenir clandestinement, puis de tenter une nouvelle sortie illégale. L’objectif était d’obtenir plusieurs tampons d’entrée et de sortie afin de simuler un séjour conforme, créant ainsi l’illusion d’une utilisation légale de l’allocation touristique ».
Tous ont été présentés en comparution immédiate et placés sous mandat de dépôt pour « entrée et sortie illégales du territoire » et « violation des lois et règlements relatifs aux changes et aux mouvements de capitaux ». L’affaire s’ajoute à celle d’un autre citoyen interpellé la veille, dans les mêmes conditions, après un retour clandestin depuis la Tunisie et la perception de l’allocation.
Le mécanisme, utilisé à plusieurs reprises par les fraudeurs, repose sur un calcul spéculatif. Les 750 euros obtenus légalement au taux bancaire, soit environ 120 000 DA, peuvent être revendus jusqu’à 210 750,00 DA sur le marché noir, où l’euro s’échange à 281 DA contre 150 DA dans les banques. Cet écart représente des gains importants pour ceux qui cherchent à contourner la loi, grâce à plusieurs allers-retours transfrontaliers.
Le procédé consistait à « sortir légalement vers la Tunisie, retour clandestin par les chemins forestiers de la frontière, nouvelle sortie illégale, puis retour par un poste officiel afin d’obtenir un tampon attestant d’un séjour théoriquement conforme aux exigences réglementaires ». Ces mouvements répétés visaient à exploiter les failles dans le contrôle des passages, au détriment du dispositif national de régulation des changes.
Les autorités veulent mettre fin aux réseaux qui « exercent une pression sur la devise et alimentent un marché parallèle nocif pour l’économie nationale ». Le contrôle aux frontières, la transparence judiciaire, illustrée par la communication du parquet, et les comparutions immédiates reflètent cette stratégie.
En ciblant ces pratiques, l’État cherche à protéger le dispositif légal d’accès aux devises, à préserver l’équilibre monétaire et à empêcher que des mécanismes frauduleux ne détournent les ressources financières destinées aux voyageurs.
L’affaire de Souk Ahras montre que les autorités surveillent désormais non seulement les fraudes institutionnelles ou commerciales, mais aussi les petits réseaux individuels qui contribuent au marché noir des devises. Cette opération reflète le rôle des forces de sécurité, des gardes-frontières et de la justice dans la protection des intérêts économiques, alors que la pression spéculative sur l’euro reste élevée.









