L’expert américain et directeur général d’une société de conseil spécialisée dans la gestion des risques en Afrique du Nord, le professeur Geoff D. Porter, a estimé que le projet de gazoduc transsaharien (TSGP) revêt une dimension « stratégique », en soulignant ses effets attendus pour les pays concernés ainsi que les conditions techniques jugées favorables à sa réalisation.
Dans une récente note d’analyse, il indique que « le TSGP n’est pas irréalisable : il est techniquement faisable. Comparé à d’autres projets de gazoducs dans la région et dans le monde, il n’est même pas particulièrement complexe. C’est un gazoduc terrestre relativement court, traversant deux juridictions avant de se connecter à des infrastructures d’exportation existantes ».
Un projet reliant l’Afrique de l’Ouest au réseau gazier algérien
Cette analyse fait suite à la décision annoncée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à l’occasion de la visite à Alger du président de la République du Niger, le chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani. À cette occasion, le président de la République a donné instruction à la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach d’entamer les travaux du projet dès la fin du mois de Ramadhan.
Selon l’expert, le futur gazoduc reliera les infrastructures gazières du Nigeria aux réseaux algériens, en passant par le Niger, afin d’acheminer le gaz vers l’Algérie, puis vers l’Europe à travers deux conduites déjà en service reliant l’Algérie à l’Espagne et à l’Italie.
D’une longueur totale de 4.130 kilomètres, ce gazoduc disposera d’une capacité nominale de 30 milliards de mètres cubes par an. D’après Pr Porter, le projet profitera aux trois pays traversés.
Sur le plan technique, l’expert américain estime que plusieurs critiques adressées au projet reposent, selon lui, sur « en grande partie des arguments fallacieux ». Il précise que le tracé ne sera pas installé en surface, mais qu’il sera « enfoui », seules les stations de compression devant rester visibles, tout en évoquant les dispositifs prévus en matière de sécurité.
L’analyse met également en avant l’expérience acquise par l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme, notamment dans la région du Sahel. Dans ce contexte, le professeur Porter insiste sur le rôle de Sonatrach, qu’il décrit comme « une entreprise hybride opérant également à l’international ».
Il ajoute enfin que « l’entreprise dispose incontestablement de ressources humaines nécessaires pour mener à bien le projet, ainsi que de la capacité financière ».








