Réunis vendredi à Addis-Abeba (Ethiopie), les chefs d’État et de gouvernement participant au deuxième Sommet Afrique-Italie ont appelé à bâtir une relation de coopération renouvelée entre l’Afrique et l’Italie. Les intervenants ont mis l’accent sur un partenariat fondé sur le respect de la souveraineté des États, la réciprocité et des intérêts partagés, dans l’objectif de soutenir un développement durable au profit des populations.
La rencontre a été coprésidée par la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, et le président en exercice de l’Union africaine, le président angolais João Lourenço. Le sommet s’est tenu en présence du président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, ainsi que du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres. Les échanges ont porté sur les moyens de renforcer les partenariats stratégiques, en tenant compte des choix de développement des pays africains.
Dans une allocution lue par le Premier ministre Sifi Ghrieb, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a rappelé que, dans la perspective africaine commune, « l’Algérie affirme que le succès du partenariat Italie-Afrique exige de faire du développement économique et social en Afrique l’axe de toute coopération, de même que le respect de la souveraineté nationale et des choix de développement, le renforcement de la coordination avec l’Agenda 2063 de l’UA, la garantie d’un financement suffisant et la mise en œuvre efficace des projets ».
Il a également souligné que « l’Afrique place en tête de ses priorités l’établissement de partenariats équilibrés, basés sur la réciprocité, la confiance et les intérêts communs à long terme et non pas sur des approches conjoncturelles ou unilatérales », tout en réaffirmant la conviction de l’Algérie quant aux perspectives du partenariat entre l’Italie et le continent africain.
Le chef de l’État a, par ailleurs, renouvelé la volonté de l’Algérie de contribuer à la réussite de ce cadre de coopération dans un « esprit responsable et constructif ». Il a plaidé pour une nouvelle phase du Plan Mattei, plus large et plus opérationnelle, « en vue de construire ensemble un avenir commun prospère au service de l’Afrique et de l’Italie ».
De son côté, Mme Meloni a indiqué, dans son discours d’ouverture, que ce sommet « ambitionne d’écrire une nouvelle page dans l’histoire des relations entre les deux parties et de bâtir un modèle de coopération totalement différent, fondé sur la confiance et le respect mutuel entre des partenaires égaux, loin de l’approche paternaliste qui a longtemps terni les relations entre l’Afrique et l’Europe et l’Occident, et qui a souvent empêché de saisir les spécificités, voire l’énorme potentiel des peuples africains ».
Elle a estimé que le principal défi de ce nouveau cadre de coopération est de « permettre à l’Afrique de bénéficier de ses richesses, d’offrir des emplois à sa jeunesse, de transformer localement ses ressources primaires au lieu de les piller, et d’exploiter ses terres agricoles », tout en « s’attaquant aux causes profondes de la migration ».
La responsable italienne a ajouté que « il s’agit d’une responsabilité partagée et non d’un intérêt conjoncturel. Nous nous sommes engagés dans cette voie en dehors de toute logique imposée d’en haut ou des modèles tout faits, en œuvrant ensemble avec humilité et respect », mettant en avant le rôle du Plan Mattei, qui a permis, selon elle, un « changement radical » dans la manière d’aborder le partenariat avec l’Afrique.
Prenant la parole en tant que pays hôte, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali a appelé à construire une relation nouvelle entre l’Italie et l’Afrique, « fondée non pas sur la dépendance mais sur la dignité, et non pas sur l’exploitation mais sur la prospérité mutuelle ». Il a ajouté qu’il s’agit d’« une relation définitivement tournée vers l’avenir que nous construirons ensemble ».
Il a, en outre, mis en avant l’importance du Plan Mattei pour soutenir le développement durable, améliorer la gestion des flux migratoires et renforcer le capital humain, dans le cadre d’une approche « unifiée » basée sur des partenariats profitables aux deux parties. Il a également insisté sur la nécessité d’investir dans la jeunesse africaine afin de favoriser la création d’emplois et de valoriser ses capacités.
À l’issue des travaux, les participants ont réaffirmé leur volonté de consolider les partenariats Afrique-Italie, d’évaluer les avancées réalisées depuis le premier sommet organisé à Rome en 2024 et de fixer les priorités futures, notamment dans les domaines du développement durable, des infrastructures, de l’énergie, de l’éducation, de la formation, de la santé et de l’agriculture, en cohérence avec les axes du Plan Mattei pour l’Afrique.









