La wilaya d’Alger dispose de capacités importantes dans la production d’agrumes, avec un volume annuel qui dépasse 1,3 million de quintaux. Cette performance est notamment liée au développement de la culture intensive, a indiqué mercredi le président de la Chambre d’agriculture de la wilaya, Ibrahim Djeribia.
S’exprimant à l’ouverture de la 4e édition du Salon des agrumes d’Alger, en présence de responsables locaux et d’acteurs du secteur, M. Djeribia a rappelé que la capitale figure parmi les principales wilayas productrices au niveau national. Les surfaces consacrées aux agrumes y dépassent 7 000 hectares, sur un total national estimé à 80 000 hectares, confirmant le caractère agricole de la wilaya.
Selon lui, l’augmentation de la production s’explique par l’évolution des pratiques agricoles. Ces dernières années, les agriculteurs ont adopté des techniques intensives, avec une densité de plantation pouvant atteindre entre 600 et 800 arbres par hectare, contre environ 300 auparavant.
Au-delà des volumes, la filière enregistre aussi des progrès sur le plan qualitatif. Cette amélioration est liée à l’introduction de nouvelles variétés d’agrumes et à l’utilisation de méthodes de production plus modernes.
Le président de la Chambre d’agriculture a par ailleurs insisté sur l’importance de consolider ces acquis, en protégeant les terres agricoles, conformément aux orientations des autorités publiques. Il a également évoqué la nécessité de réduire les pertes subies par les producteurs, à travers la réalisation de chambres froides, l’accès facilité au financement bancaire, ainsi que le développement de l’exportation et de la transformation des agrumes.
Dans ce contexte, il a annoncé que la Chambre d’agriculture de la wilaya d’Alger s’apprête à délivrer des cartes d’agriculteur aux partenaires exploitant des terres agricoles. Cette mesure s’inscrit dans l’application de la circulaire interministérielle n°2, publiée le 1er juin dernier, portant sur l’assainissement du foncier agricole relevant du domaine privé de l’État.
Il a précisé qu’auparavant, ces partenaires n’étaient pas reconnus officiellement comme agriculteurs, faute de cadre réglementaire adapté. La nouvelle circulaire impose désormais l’établissement de la carte professionnelle sur la base de documents précis, notamment la fiche descriptive et le contrat de partenariat. Plusieurs dossiers ont déjà été examinés par le conseil d’administration de la Chambre, et leurs titulaires bénéficieront prochainement de cette carte.
De son côté, Khelfallah Mechri, membre du secrétariat national de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), a estimé que la filière des agrumes a connu une évolution notable ces dernières années. La production actuelle permet de couvrir largement la demande du marché national, avec des excédents qui pourraient être orientés vers les industries de transformation.
Pour sa part, le directeur des services agricoles de la wilaya d’Alger, Mehdi Missaoui, a mis en avant les actions engagées pour maintenir les niveaux de production, notamment grâce à l’utilisation de serres multichapelles. Il a indiqué que ce type d’équipement a été déployé sur une superficie de 200 hectares à travers la wilaya.
Il a également souligné l’intérêt du recours aux eaux usées traitées afin de préserver les ressources hydriques classiques. À ce titre, un projet est en cours d’étude avec la Direction des ressources en eau, portant sur l’irrigation de quatre hectares d’arbres fruitiers.
Le Salon des agrumes de la wilaya d’Alger, organisé sur deux jours sous le thème « La filière des agrumes : entre réalité et enjeux », réunit plus de 80 exposants issus de différentes régions et activités liées au secteur.









