L’Algérie a présenté, aux Nations Unies à Genève et à New York, son expérience pionnière en matière de déminage et les mécanismes mobilisés pour protéger et accompagner les victimes des mines antipersonnel, réaffirmant son engagement total envers la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction.
À Genève, lors des travaux de la 22e réunion des États parties de la Convention, tenue du 1er au 5 décembre au siège des Nations Unies, l’Algérie a souligné ses capacités exclusivement nationales en matière de déminage. Les débats, présidés par le Japon, ont mis l’accent sur le progrès réalisé dans la mise en œuvre du plan d’action Siem Reap-Angkor (2025-2029) et les perspectives d’atteindre l’universalité de la Convention.
L’Algérie a rappelé son adhésion à l’échelle internationale, à travers des initiatives telles que le Séminaire international africain sur la lutte contre les mines antipersonnel, organisé avec l’Unité d’appui à la Convention d’Ottawa, les 30 et 31 mai 2023, ainsi que la résolution 22/58 sur « l’impact des mines antipersonnel sur la jouissance de tous les droits de l’Homme », adoptée à l’unanimité par le Conseil des droits de l’Homme en avril 2025.
L’Algérie organise également, par l’intermédiaire de sa mission permanente aux Nations Unies à New York et en partenariat avec le Service de la lutte anti-mines des Nations unies (UNMAS), une exposition consacrée au désarmement à des fins humanitaires et à la lutte contre les mines antipersonnel. Elle a souligné la nécessité pour les États parties de respecter la Convention et de renforcer les efforts conjoints pour atteindre son universalité.
En sa qualité de prochaine présidente du Comité sur l’application de l’article 5 de la Convention, l’Algérie a présenté un exposé sur les priorités fixées pour 2026, ainsi que sur les progrès réalisés en matière de sensibilisation aux risques des mines. La réunion a également été marquée par le retrait de cinq pays, la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Pologne et la Lituanie, et par l’adhésion des îles Marshall et de Tonga. La Zambie prendra la présidence de la Convention pour 2026.
À New York, à l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, l’Algérie a organisé, aux côtés de l’Autriche et de la Nouvelle-Zélande, un événement de haut niveau et une exposition spéciale sur les effets des mines antipersonnel. L’événement a été réalisé en coopération avec UNMAS, le Bureau des affaires de désarmement (UNODA), le Département des opérations de paix (DPO) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Lors de la cérémonie d’ouverture, l’Algérie a rappelé « la proportion des mines antipersonnel atteignait à l’époque 11 mines pour un habitant dans les zones frontalières, et une moyenne de 1,2 mine pour un habitant au niveau national, ce qui a causé des milliers de victimes, une tragédie qui s’est étendue sur des décennies après l’indépendance ». Elle a souligné que « la lutte anti-mines ne se limite pas à l’aspect technique, mais elle tend avant tout à rendre justice aux victimes, à soutenir le développement et à promouvoir la justice ».
L’Algérie a insisté sur le fait que « les mines sont une menace pour les droits fondamentaux, le droit à la vie, à la liberté de mouvement, à l’enseignement et au travail » et sur la nécessité de « garantir l’inclusion sociale totale et effective des survivants et des personnes en situation de handicap ».
L’événement a réuni des personnalités onusiennes, dont le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, et le Mandataire mondial des Nations unies pour les personnes handicapées dans les situations de conflit et de consolidation de la paix, Giles Duley. Les participants ont souligné l’importance de renforcer les efforts internationaux pour parvenir à un monde sans mines et garantir la dignité et les droits des personnes en situation de handicap.









