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Sahel, Sahara occidental, Maroc, Israël, pays du Golfe : Ce qu’a dit le président Tebboune

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a effectué jeudi 9 octobre une visite au siège du ministère de la Défense nationale à Alger. Il a été accueilli par le général d’armée Saïd Chanegriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, en présence de hauts responsables militaires.

Lors de cette visite, le chef de l’État a prononcé une allocution devant les cadres et personnels de l’ANP, retransmise par visioconférence à l’ensemble des commandements et écoles militaires du pays, selon un communiqué du ministère.

Il a évoqué les changements internationaux et régionaux, estimant que « les transformations rapides qui s’opèrent aux niveaux régional et international nous imposent, plus que jamais, de réaffirmer notre détermination à relever les défis et à remporter les enjeux, à travers une prise de conscience élevée et une mobilisation sans faille au service des intérêts suprêmes du pays ».

Le président Tebboune a affirmé que « l’Algérie n’a pas atteint le point de non-retour dans ses relations avec certains pays du Sahel », insistant sur « l’importance de préserver les relations de voisinage et de tenir compte des relations de coopération historiques ».

Il a rappelé que les frontières du pays sont sécurisées grâce à la vigilance de l’Armée nationale populaire et que la position de l’Algérie en Libye reste inchangée : elle ne s’ingère pas dans les affaires intérieures de ce pays et soutient une solution politique par des élections pour préserver son unité.

Concernant le Sahara occidental, Abdelmadjid Tebboune a déclaré : « Qu’ils nous insultent et qu’ils nous menacent, nous ne laisserons pas tomber le Sahara occidental. » Il a rappelé que « la question du Sahara occidental est une question de décolonisation, c’est la dernière colonie d’Afrique et le dossier est au niveau de l’ONU ».

L’Algérie souhaite une solution permettant au peuple sahraoui de décider de son avenir. « Les Algériens ne veulent pas être plus Sahraouis que les Sahraouis », a-t-il précisé, ajoutant que la solution acceptée par eux sera soutenue par l’Algérie. « Quant aux solutions dont ils ne veulent pas, tant que nous sommes dans leur voisinage, nous ne laisserons personne les leur imposer. L’équation est simple », a-t-il poursuivi.

Le président de la République a ajouté : « Il faut être réaliste. Si l’on veut régler le problème du Sahara occidental, ce n’est pas avec le mensonge, ce peuple veut son indépendance. »

Au sujet du Maroc, le président Tebboune a rappelé que « les frontières n’ont pas été fermées à cause du Sahara occidental. Elles ont été fermées pour d’autres raisons. En 63 ans d’indépendance, nos frontières sont demeurées fermées pendant plus de 45 ans. »

Le président Tebboune évoque pour la première fois un ancien projet israélien de bombarder l’Algérie

Le président a également évoqué un épisode datant de 1988, lors de la proclamation de l’État de Palestine à Alger. Il a indiqué : « C’est ici que l’État palestinien a été proclamé, avec tous les dangers qu’il y avait à l’époque. Vous, les officiers de l’armée, êtes au courant des menaces qui étaient ourdies contre l’Algérie, y compris le bombardement de Club des pins. »

Il a ajouté : « L’Algérie n’a pas reculé, parce que nous n’avons aucun intérêt, sauf notre conscience vis-à-vis d’un peuple qui se bat contre la colonisation. Nous n’avons pas d’autre but. »

Le président Tebboune a insisté sur la constance de la position algérienne : « Nous n’avons besoin de la reconnaissance de personne, notre conscience nous suffit. Les Palestiniens eux-mêmes témoignent que les Algériens ont combattu en Palestine en 1948. »

Il a rappelé que l’Algérie a accueilli les Palestiniens et Yasser Arafat en 1982 et que c’est elle qui a contribué à l’admission de la Palestine comme membre observateur à l’ONU.

« Personne ne peut nous faire de surenchère. Nous n’attendons pas de gratification pour ce que nous avons fait. C’est un devoir, en continuité du message de nos martyrs. On le dit aux amis et autres, nous sommes avec la Palestine, qu’elle soit l’oppresseur ou l’opprimée », a-t-il réaffirmé.

Abdelmadjid Tebboune a ajouté : « Notre position n’a pas changé et ne changera pas malgré notre amitié avec certains États qui ont une politique contraire à la nôtre. Pour nous, la solution, c’est l’État palestinien. Il n’y aura pas de solution sans un État palestinien avec Al Qods comme capitale. »

À propos de la guerre à Gaza, il a souligné que « pour la première fois dans l’histoire, toute l’humanité a suivi en direct une tuerie où, quotidiennement, on voit des bâtiments tomber sur leurs habitants. »

Le président Tebboune a indiqué que les relations avec la Tunisie « sont excellentes » et a exprimé sa confiance en la capacité du pays voisin à surmonter ses difficultés économiques.

Il a également évoqué les relations avec les pays du Golfe, affirmant qu’elles sont bonnes à l’exception d’un seul pays, et rappelant que l’Algérie rejette toute ingérence dans ses affaires internes.

« Concernant les pays du Golfe, à part un pays dont je ne citerai pas le nom, on coopère avec tous les frères chaque jour. Il n’y a aucun problème. Ni avec les Saoudiens, ni avec les Koweïtiens, ni avec les Irakiens… Avec le Qatar, on a une coopération intense, c’est le cas également avec Oman. On n’a pas de problèmes », a indiqué le chef de l’État.

Le pays pointé du doigt sans le nommer par le président Tebboune, ce sont les Emirats arabes dont les agissements irritent Alger.

« On a des problèmes avec celui qui vient chercher à semer le désordre dans notre maison. Et pour des raisons suspectes ! Il s’ingère dans des choses dans lesquelles on a empêché même les grandes puissances ! Comment vais-je te laisser t’ingérer dans les affaires intérieures ? Respectez-vous et on restera des frères », a-t-il déclaré, et d’ajouter : « Toutes ces choses nous laissent vigilants ».