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jeudi, mai 21, 2026
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Conférence arabo-africaine : le Maroc contraint de siéger aux côtés du Sahara occidental

Un événement marquant s’est produit vendredi à Kampala, en Ouganda, lors de la Conférence arabo-africaine de la jeunesse. Le Maroc a été contraint de s’asseoir aux côtés de la délégation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), après avoir échoué dans ses multiples tentatives visant à empêcher la participation sahraouie à ce rendez-vous continental de premier plan.

Créée en 2004 à Khartoum, au Soudan, cette conférence vise à renforcer la coopération entre la jeunesse du monde arabe et celle du continent africain. Elle se tient dans un contexte marqué par le renforcement constant de la présence diplomatique sahraouie sur la scène internationale, un déploiement qui irrite le Makhzen. Ce dernier aurait, selon plusieurs sources, tenté d’exercer des pressions politiques et recouru au chantage financier pour influencer le déroulement des travaux.

Des sources diplomatiques ont indiqué que les représentants du Maroc, appuyés par certains responsables arabes et africains, ont multiplié les manœuvres pour écarter la délégation sahraouie et réduire sa visibilité. Ces tentatives ont toutefois été rejetées par plusieurs délégations, notamment celles de l’Algérie, de l’Ouganda et d’autres pays africains, qui ont réaffirmé leur attachement aux principes de l’Union africaine et au droit de la République sahraouie à être représentée.

Les mêmes sources précisent que le Maroc a cherché à acheter des soutiens à coups de financements politiques, dans l’espoir de reproduire des scénarios d’exclusion qui avaient déjà échoué par le passé. Mais la fermeté du camp sahraoui, soutenu par l’Algérie et l’Ouganda, a fait échouer ces manœuvres et imposé le respect de la légitimité internationale au sein de la conférence.

Depuis le mois d’août, l’ambassade sahraouie à Kampala a multiplié les démarches diplomatiques, en étroite coordination avec l’ambassade d’Algérie et les responsables du ministère ougandais des Affaires étrangères, afin de contrer les pressions marocaines et de garantir la participation de la délégation sahraouie. Ces efforts ont fini par porter leurs fruits, la commission d’organisation ayant confirmé la participation de la République arabe sahraouie démocratique en tant qu’État membre de l’Union africaine.

Durant les premières séances, la délégation marocaine a tenté de perturber la participation sahraouie par des comportements provocateurs. Cependant, l’intervention du chef de la délégation algérienne, l’ambassadeur d’Algérie en Ouganda, a mis fin à ces agissements, réaffirmant le refus de toute attitude contraire à la dignité des délégations africaines.

La délégation sahraouie a par ailleurs mené une série d’entretiens bilatéraux avec plusieurs délégations diplomatiques et organisations de jeunesse présentes, au cours desquels elle a rappelé le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et dénoncé les pratiques coloniales marocaines dans les territoires occupés.

Sa participation a été largement saluée, considérée comme une nouvelle victoire diplomatique pour le Sahara occidental, dont la présence sur la scène arabo-africaine ne cesse de s’affirmer malgré les tentatives répétées d’exclusion menées par Rabat.

En clôture, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la coopération arabo-africaine dans un esprit de respect mutuel et de souveraineté, loin des logiques d’exclusion et du chantage politique que le Maroc cherche à imposer.