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vendredi, mai 22, 2026
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Maroc : la jeunesse poursuit sa mobilisation et refuse le dialogue proposé par le Makhzen

Maroc : la jeunesse poursuit sa mobilisation et refuse le dialogue proposé par le Makhzen

Depuis près de deux semaines, la contestation ne faiblit pas au Maroc. Dans plusieurs villes, des jeunes continuent de manifester contre les inégalités sociales et rejettent toute tentative de dialogue émanant du gouvernement. Pour eux, ces ouvertures visent surtout à « éteindre l’étincelle de protestation » et à détourner les revendications vers « une série de fausses promesses ».

Le collectif « Jeunes du Maroc – Génération de la conscience et de la reddition des comptes » a rendu public un document de revendications. Il y affirme que le Conseil supérieur des comptes, le Haut-Commissariat au Plan et l’Autorité nationale d’intégrité ont tous constaté un « échec systématique et général » du Makhzen dans les secteurs essentiels.

Selon le collectif, « cela signifie qu’il a manqué à ses obligations constitutionnelles stipulées à l’article 31. Le premier article de la Constitution mentionne l’obligation de « lier responsabilité et reddition de comptes ». C’est pourquoi le régime du Makhzen doit assumer l’entière responsabilité de son échec politique et s’en aller ».

Les jeunes réclament également la libération de tous les prisonniers d’opinion et des manifestants arrêtés pour leur participation à des actions pacifiques, estimant que la liberté d’expression « n’est pas un crime ».

Le document évoque aussi la nécessité d’un État de droit, d’une égalité des chances et d’une réforme du système politique, notamment dans les domaines de la santé et de l’enseignement. Le collectif propose l’élaboration d’une charte nationale issue d’un dialogue global.

Sur le plan économique, il appelle à une réorientation stratégique et à une réforme du marché du travail, tout en insistant sur la lutte contre la corruption. Il demande également le renforcement des organes de contrôle, la pleine indépendance de la Commission nationale d’intégrité et du Conseil supérieur des comptes, ainsi que la transparence dans les marchés publics.

Jeudi, la mobilisation a pris de l’ampleur. À Casablanca, la place Maréchal a accueilli de nombreux manifestants réclamant la justice sociale et le départ du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch. Certains ont appelé au boycott des produits de ses entreprises, et dénoncé la dépendance du pays envers les puissances étrangères.

À Rabat, plusieurs centaines de personnes se sont réunies devant le Parlement, scandant des slogans pour la liberté, la dignité et la chute du gouvernement. Les manifestants ont aussi dénoncé « l’échec dans tous les secteurs vitaux » et accusé les responsables politiques de « s’enrichir aux dépens du peuple ».

Des rassemblements ont également eu lieu à Tanger, notamment sur la place Sour al-Maakazin, où les protestataires ont tenu le pouvoir exécutif pour responsable des déséquilibres du pays et réclamé son renversement.

Dans la continuité du mouvement, un groupe de diplômés en droit a annoncé la création de la « Coordination nationale des étudiants en droit au chômage », une structure visant à faire entendre la voix des diplômés confrontés à la précarité et à la marginalisation.

Partout, la contestation reste pacifique mais déterminée. Pour une grande partie de la jeunesse marocaine, le mouvement dépasse désormais les simples revendications sociales pour devenir un appel à un changement profond du système.