Plusieurs militants de la flottille Sumud pour Gaza ont affirmé, lundi, avoir subi des violences et de mauvais traitements après leur arrestation par les forces sionistes. Expulsés vers la Grèce, ils ont raconté à leur arrivée à Athènes les conditions de leur détention.
« Nous avons été traités comme des animaux. Nous avons été traités comme des terroristes », a déclaré Yasmin Acar, membre du comité de pilotage de la Global Sumud Flotilla, partie début septembre de Barcelone. Elle a ajouté : « Nous avons été physiquement agressés et privés de sommeil », affirmant avoir été « battue » et n’avoir reçu ni eau potable ni nourriture « pendant les 48 premières heures » de sa détention.
Venue d’Allemagne, Yasmin Acar faisait partie des 161 militants expulsés lundi par les forces sionistes. Leur avion a atterri à Athènes, tandis qu’un autre groupe de dix personnes, originaires notamment du Canada et des Pays-Bas, a atterri à Bratislava.
À leur arrivée en Grèce, Greta Thunberg et d’autres militants ont été accueillis avec un grand drapeau palestinien et des slogans scandés par le public : « liberté pour la Palestine » et « Viva viva la flotilla! ».
Greta Thunberg a qualifié la Global Sumud Flotilla de « plus grande tentative pour briser par la mer le siège illégal et inhumain » imposé à Gaza. Elle a évoqué « les mauvais traitements et les abus subis » durant leur emprisonnement sans donner plus de détails. La militante a aussi rappelé que les États ont « l’obligation légale d’agir pour prévenir et faire cesser un génocide » et que « nos gouvernements ne font même pas le strict minimum » pour y mettre fin.
Parmi les expulsés figurait également l’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan. Elle a affirmé avoir été « battue ». « J’ai été battue au moment de me mettre dans le fourgon par deux policiers », a-t-elle raconté. Selon elle, « on a beaucoup de choses à dénoncer ». Elle a précisé : « On a été parfois 13-15 par cellule même pas sur des lits mais sur des matelas au sol ».
Le député français François Piquemal, lui aussi membre de la flottille, a dénoncé « les séquences d’humiliation » subies après leur arrestation. « Nous n’avons vu ni avocat, ni docteur, ni le droit de sortie, ni douche », a-t-il indiqué.
D’autres témoignages similaires ont été rapportés, notamment celui du militant espagnol Rafael Borrego, qui a parlé de « mauvais traitements physiques et psychologiques ». Il a raconté : « Ils nous ont frappés, traînés par terre. Ils nous ont bandé les yeux. Ils nous ont ligoté les pieds et les mains ».
Selon le ministère grec des Affaires étrangères, le « vol spécial de rapatriement » a transporté « les 27 citoyens grecs ayant pris part à la flottille » ainsi que « 134 ressortissants provenant de 15 pays européens ».
Un bilan humain dramatique à Gaza
Les autorités sanitaires palestiniennes ont annoncé mardi que l’agression sioniste contre Gaza a fait au moins 67.173 martyrs et 169.780 blessés depuis le 7 octobre 2023.
« Parmi les martyrs figurent 20.179 enfants, 10.427 femmes, 4.813 personnes âgées et 31.754 hommes », ont-elles précisé. Elles ont aussi indiqué que « 1.701 personnes sont tombées en martyres » parmi le personnel médical, dont « 362 sont détenues dans des conditions difficiles ».
Les services de santé sont gravement touchés : « sur 38 hôpitaux, 25 sont hors service, tandis que 13 fonctionnent partiellement dans des conditions difficiles ». En outre, « 103 centres de premiers soins sur 157 » ont été détruits, et le taux d’occupation des lits d’hôpital a atteint « 225 % fin septembre dernier ».
La situation humanitaire reste critique. Les autorités palestiniennes signalent que « 460 personnes sont tombées en martyres à cause de la famine et de la malnutrition, dont 154 enfants », et que « 51.196 enfants de moins de cinq ans souffrent toujours de malnutrition sévère ».
Elles ont ajouté que « 4.900 amputés et handicapés ont besoin de dispositifs d’accompagnement et de programmes de réadaptation à long terme ».
Selon les mêmes sources, en moyenne « 92 Palestiniens, dont 27 enfants et 14 femmes » tombent chaque jour en martyrs à cause de l’agression.
L’ONU renouvelle ses appels à un cessez-le-feu
À l’occasion du deuxième anniversaire de l’agression contre Gaza, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a insisté sur la nécessité d’un cessez-le-feu permanent « pour ouvrir la voie à la paix ».
« Un cessez-le-feu permanent et un processus politique crédible sont essentiels pour prévenir de nouvelles effusions de sang », a-t-il déclaré, soulignant qu’il s’agit « d’une catastrophe humanitaire d’une ampleur incompréhensible ». Il a appelé à « mettre fin aux souffrances de tous » et à « choisir l’espoir ».
Le commissaire général de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, a de son côté réaffirmé son appel à un cessez-le-feu « immédiat » et à la livraison « sans entrave » de l’aide humanitaire.
« Deuil, souffrance, douleur profonde et immense: telle est la réalité pour beaucoup trop de personnes depuis le 7 octobre 2023 », a-t-il écrit. « À Gaza, depuis deux longues années, les habitants ne connaissent que la destruction, le déplacement, les bombardements, la peur, la mort et la faim », a-t-il ajouté.
Il a enfin appelé à « la justice et à la responsabilisation de tous les auteurs de crimes et d’atrocités », estimant qu’« il n’y a pas d’autre issue à ce chaos ».









